Archives de Tag: Pasqually

« Le Rite Ecossais Rectifié n’est qu’un voile du Saint Ordre perpétuel »

Jean-Marc Vivenza

« Le Rite Ecossais Rectifié n’est qu’un voile du Saint Ordre perpétuel.
Il l’incarne aujourd’hui, mais n’en est que la formulation maçonnique […].
Il détient la partie philosophique et scientifique de cette « science divine » de la réintégration, habilement logée par Willermoz à l’intérieur du Régime, reçue par chaque candidat et qui apparaît dans les nombres, les batteries, les couleurs, la progression même et y compris, dans l’insistance qu’il fait sur les vertus, dont on sait l’importance chez Martinès de Pasqually.
La Clé d'or
Si la théurgie consistant uniquement au tracé des circonférences, à l’éclairage des bougies et à l’invocation des anges, n’est pas la méthode du Régime Ecossais Rectifié, l’accomplissement du culte primitif participe de la conception quaternaire du mineur spirituel, et sa réintégration peut se faire selon la méthodologie du Rite.
Jean-Marc Vivenza

Le chemin de l’initiation va consister à ce que le cheminant s’en rende conscient […]. Il y a présence, invisiblement, de la « doctrine divine de Moïse », selon l’expression de Martinès de Pasqually, dans le Régime Ecossais Rectifié, qui reçoit alors légitimement le nom – que lui avait donné Robert Amadou – d’Ordre « substitué ». »

(Jean-Marc Vivenza, intervention au Colloque du tricentenaire de Martinès de Pasqually, Marseille, septembre 2010.)

Les photos de l’articles sont extraites de la vidéo Martinès de Pasqually: quel message pour notre temps ? du site Baglis.tv
On retrouvera l’intervention dans le même enregistrement.

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Message aux hommes de Désir

 

Louis-Claude de Saint-Martin

« Toutes les fois qu’un homme de désir se sent pressé de faire entendre sa voix aux mortels, il ne peut s’empêcher de s’écrier : ô vérité sainte, que leur dirai-je ! Tu as fait de moi comme une malheureuse victime, destinée à soupirer en vain pour leur bonheur.
Tu as allumé en moi un feu cuisant, qui corrode à la fois tout mon être.
J’éprouve pour le repos de la famille humaine un zèle, ou plutôt un besoin impérieux qui m’obsède et qui me consume.
Je ne puis, ni l’éviter, ni le combattre, tant il me tourmente et me maîtrise.
Pour comble de maux, ce zèle infortuné est réduit à se nourrir de sa propre substance, et à se dévorer lui-même, faute de trouver à assouvir la faim que tu m’as donnée de la paix des âmes.
Il se termine sans cesse par des sanglots qui étouffent les sons de ma voix.
Il ne me laisse point de relâche, si ce n’est pour me plonger, le moment d’après, dans de nouvelles douleurs, et me laisser en proie à de nouveaux gémissements.
Et c’est dans cet état que tu me presses d’élever ma voix parmi mes semblables ! ! ! ! !
Comment d’ailleurs me ferai-je entendre des hommes du torrent !
Je n’ai à leur offrir que des principes ; et ils se répondront à eux-mêmes par des opinions, pour ne pas dire par des illusions insensées, et dont le prestige ne leur laissera pas même apercevoir leur mauvaise foi.
Je ne peux élever aucun édifice qui n’ait pour base leur être impérissable, et tout rayonnant de l’éternelle splendeur, et le dernier terme de leur science, est de s’assimiler à l’inerte et impuissante poussière.03
Je voudrais, en faisant renaître en eux l’orgueil de leur titre, les animer du glorieux désir de renouveler leur alliance avec l’universelle unité, et ils se sont armés contre cette unité, et semblent ne veiller que pour l’effacer du nombres des êtres.
Je souhaiterais, en ne faisant usage auprès d’eux que de la parole de vie, les amener à ne pas employer eux-mêmes un seul mot qui ne fût vivifié par cette intarissable puissance qui vivifie tout ; et à force d’avoir méconnu cette parole de vie, et d’avoir voulu se passer de son secours, ils ont transformé toutes leurs langues en autant d’instruments de confusion et de mort.
Mais avant tout, n’ai-je pas à me purger de mes propres souillures ! N’ai-je pas à prononcer solennellement mon divorce avec mes infidélités !
N’ai-je pas à m’assainir et à me diviniser moi-même avant de songer à assainir et à diviniser les autres !
Que lui répond la vérité ? « La timidité est aussi une souillure ; c’est même la plus préjudiciable des souillures, et celle qui peut donner naissance à tous les autres égarements ».
Prends confiance en celui qui te guide ; c’est cette confiance qui te purifiera.
Ne laisse pas éteindre ce zèle qui te poursuit ; fais qu’il ne te soit pas donné en vain : qui te garantirait qu’il se rallumât ?
Tu crains que les hommes ne profitent pas de tes paroles ! Ils sont tous dans l’indigence de la vérité.
Que sais-tu si tu ne feras pas sentir à quelques-uns de tes frères le besoin qui les dévore à leur insu ?
Peu d’entre eux sont assez gangrenés pour fuir cette vérité volontairement ; tu ne saurais calculer le pouvoir d’un zèle pur, alimenté par la confiance.
Et puis, quel est le pêcheur, qui, la ligne à la main, s’attende à prendre tout ce qui nage dans le fleuve ? Quand il a pêché quelques petits poissons pour faire son repas, il s’en va content.
Dans tous les cas, porte tes regards au-delà de cette terre passagère, où l’homme de désir est condamné à semer ses oeuvres. Elle est pour la véritable agriculture la saison des frimas et des vents orageux.
Ce n’est pas dans cette saison-là que tu dois t’attendre à la récolte.
Le laboureur ne sème que pour l’avenir ; ne vois comme lui dans ton travail que l’heureux terme de la moisson ; c’est là le moment où la terre et le propriétaire te paieront de tes sueurs.
Alors cet homme de désir se résigne et dit : « Je sais que tu es un Dieu caché et enveloppé de ta propre gloire ; mais tu ne veux pas que ton existence soit inconnue ; et tu ne cherches qu’à faire briller devant nous tes puissances, pour nous apprendre à te révérer et à t’aimer.
Sois donc le maître de ma volonté et de mon oeuvre ! Sois le maître de ceux qui viendront s’instruire à mes paroles !
Que n’es-tu le maître de tous les mouvements des âmes des hommes, comme tu l’es par tes puissances de tous les mouvements de la nature, et de toutes les régions qui n’ont pas repoussé ta main bienfaisante ! » »
Louis-Claude de Saint-Martin, Le Ministère de l’Homme-Esprit, Introduction
(Diffusion Rosicrucienne, Collection Martiniste 1992, p.17 à 20)

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De la Croix, emblème universel

ImageJean-Baptiste Willermoz (1730 – 1824)

 

« La Croix présente elle-même à l’intelligence, dans son ensemble et dans ses parties, un grand emblème universel, principalement dans la circonstance dont nous nous occupons. Par sa partie inférieure, qui est la plus prolongée, elle paraît fixée dans le centre de la Terre, de cette terre souillée de tant d’abominations que toutes les eaux du déluge n’ont pu effacer, et que le sang d’une grande et pure victime peut seule purifier. De là, elle s’élève dans une plus haute région où elle forme un grand réceptacle par ses quatre branches qui, s’étendant sans obstacle, paraissent aller toucher les quatre points cardinaux de l’espace universel et y porter les fruits de l’action unique qui s’opère au centre de ce réceptacle par l’homme-Dieu mourant sur ce centre, pour tout réparer. Ce qui nous fait facilement concevoir les immenses et prodigieux résultats que l’action toute-puissante du Verbe de Dieu uni à Jésus mourant sur la Croix a opéré sur la Nature entière visible et invisible, spirituelle et corporelle, qui en était le témoin et l’objet.

Cette croix, en divisant figurativement par ses quatre branches en quatre parties l’espace créé, nous rappelle assez clairement les quatre régions célestes [1] qui furent le premier domaine de l’homme dans son état de pureté et d’innocence  [2] , comme son centre sur lequel le divin Réparateur expire nous rappelle ce centre des régions, ce paradis terrestre [3] qui fut le siège de sa gloire et de sa domination, qu’il souilla par son crime, et dont il fut honteusement expulsé pour toujours. Cependant, la glorieuse destinations de ce lieu de délices ne fut pas totalement détruite : la Justine divine se contenta d’y établir une garde sûre armée d’épée de feu [4] pour en défendre l’entrée ; mais l’homme-Dieu ayant pleinement satisfait par sa soumission et par sa mort à la Justice divine, c’est de ce centre de douleur et d’ignominie qu’il ressuscite glorieusement, et triomphant dans son humanité, il réhabilite l’homme et toute sa postérité dans le droit primitif de pouvoir habiter encore le centre de ces régions célestes. Il le purifie et le sanctifie de nouveau pour le disposer à devenir le lieu de repos et de paix où les âmes justes, après avoir purifiées et réconciliées, iront attendre à l’ombre de la grande lumière dont la pleine jouissance leur est assurée, la fin des temps, l’instant fortuné où les barrières de l’espace étant rompues, elles iront toutes ensemble à la suite du divin Réparateur recevoir le prix ineffable de la rédemption qui sera leur éternelle, absolue et inaltérable béatitude.

Que de profonds mystères ! Que de sublimes vérités rappelle donc au chrétien le signe si respectable de la Croix, chaque fois que, voulant se mettre en présence de son Créateur et invoquer Son adorable Trinité, il le trace sur lui-même. Par le premier temps de ce signe, celui qui le fait avec le respect et la confiance nécessaires se met de coeur et d’esprit en présence de la sainte Trinité, il invoque la toute-puissance du Père et en réclame les salutaires effets pour lui et pour tous ceux pour qui il se propose de prier. Par le second temps, il invoque rapidement et par la pensée l’Amour et la Sagesse du fils et implore sa Miséricorde. Par le troisième temps, il demande la Lumière divine dont il sent le besoin pour se diriger et les dons spirituels dont l’Esprit-saint est le dispensateur. Enfin par l’Amen qui en fait le quatrième temps, il demande à connaître la Volonté divine, il offre le sacrifice journalier de la sienne, il demande aux trois puissances qui ne sont qu’un seul Dieu d’être réhabilité dans sa puissance quaternaire originelle [5], et d’en pouvoir encore recueillir quelques fruits. Comment se fait-il donc qu’un acte religieux si expressif, si solennel, ne soit presque plus pour la plupart des chrétiens qu’un acte irréfléchi de pure forme et d’habitude. Et cependant, l’ingrat ose se plaindre de n’être pas exaucé ; qu’il en cherche la cause dans lui-même [6], et qu’il se réforme. Chrétiens faibles et chancelants, méditez donc souvent le grand mystère de la Croix ; cette méditation vous fournira une nourriture solide [7] qui fortifiera votre foi, ranimera votre amour et votre reconnaissance, et raffermira vos plus chères espérances. »
(Willermoz, Traité des deux natures, §22 De la Croix emblème universel)

 

Pour une meilleure connaissance de Willermoz, en sus des livres mentionnés, on pourra lire Jean-Baptiste Willermoz, Fondateur du Régime Ecossais Rectifié, de Jean-Marc Vivenza.

 

 

 

 

 

_________________________

[1] « Et tel est l’ordre de ces 7 cercles célestes planétaires : Saturne, 1 ; Soleil, 2 ; Mercure, 3 ; Mars, 4 [qui forment la région céleste] ; Jupiter, 5 ; Vénus, 6 ; Lune, 7 [qui forment la région terrestre]. »  (Pasqually, Traité sur la réintégration des êtres, §217)

[2] « Mais je distingue dans la condition de l’homme quelque chose de plus éminent encore, qui ne se trouve dit nulle part ailleurs : Dieu fit l’homme et il le fit à son image . Cela ne se trouve mentionné ni pour le ciel, ni pour la terre, ni pour le soleil ou la lune. Or, cet homme qui, d’après l’Écriture, a été fait à l’image de Dieu, ce n’est évidemment pas l’homme corporel. Car le corps matériel apparent ne contient pas l’image de Dieu ; et, selon le texte, l’homme corporel n’a pas été fait, mais façonné, comme porte l’Écriture dans la suite. En effet il est dit : Et Dieu façonna l’homme, c’est-à-dire le pétrit du limon de la terre. Celui qui a été fait à l’image de Dieu, c’est notre homme intérieur, invisible, incorporel, incorruptible et immortel. Car c’est à ces qualités-là vraiment que l’image de Dieu se reconnaît. » (Origène, Homélies sur la Genèse)

[3] « Cet emplacement est ainsi nommé par les amis de la sagesse, parce que ce fut dans ce lieu connu sous le nom de Mor-ia où le temple de Salomon a été construit depuis. » (Pasqually, Traité sur la réintégration des êtres, §22) Voir aussi Leçons de Lyon, §4 & §98.

[4] « C’est ainsi qu’il chassa Adam ; et il mit à l’orient du jardin d’Éden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie. » (Gn 3,24)

[5] « Le nombre quaternaire, qui est celui qui complète la quatriple essence divine […] préside à tout être créé comme étant le principal nombre d’où tout est provenu. Ainsi nous l’appelons nombre devenu puissant du Créateur, comme contenant en lui toute espèce de nombre de création divine, spirituelle et terrestre, ainsi que je vous l’ai fait comprendre par les différentes additions des quatre caractères qui composent ce nombre quaternaire, et par l’addition totale de ces mineurs, caractères que vous a rendus le nombre dénaire. »  (Pasqually, Traité sur la réintégration des êtres, §101)

[6] « Notre homme intérieur est constitué d’un esprit et d’une âme. On peut faire de l’esprit le mâle et de l’âme la femelle. Si ces deux éléments s’entendent et s’accordent entre eux, par leur union ils croissent et multiplient ; ils engendrent des fils : les bons mouvements, les idées et les pensées profitables, au moyen desquels ils remplissent et dominent la terre. Autrement dit, ayant maîtrisé le sens de la chair, ils l’inclinent à de bons desseins, et ils le dominent en ne tolérant aucune insurrection de la chair contre la volonté de l’esprit. Si donc il arrive que l’âme qui est unie à l’esprit et pour ainsi dire mariée avec lui, s’écarte vers les plaisirs corporels et se porte aux jouissances de la chair, si tantôt elle semble obéir aux salutaires avertissements de l’esprit et tantôt cède aux vices charnels, cette âme souillée par l’adultère du corps, ne peut pas croître ni multiplier légitimement. » (Origène,Homélies sur la Genèse)

[7] « Toute nature raisonnable a besoin des nourritures qui lui sont propres et qui conviennent à son cas. Or la vraie nourriture de la nature raisonnable est la parole de Dieu. Mais comme nous venons d’établir qu’il y a beaucoup de différences entre les nourritures du corps, toutes les natures raisonnables qui se nourrissent, avons-nous dit, du Verbe de Dieu, ne Le prennent pas sous la même forme. A la ressemblance de l’alimentation du corps, la Parole de Dieu comporte un régime lacté, à savoir l’enseignement exotérique et simple tel qu’est celui de la morale, et qu’on donne aux débutants dans les divines études, quand ils reçoivent les rudiments de la science rationnelle. » (Origène, Homélies sur les Nombres)


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